| Jean-Luc |
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Le souhait qu’avaient formulé Mike Ribeiro et Pierre Dagenais par un soir de tourmente il y a près d’un an s’est réalisé.
Laissons le soin à Ribeiro de raconter l’anecdote survenue le 17 février dernier alors que Dagenais et lui s’étaient retrouvés côte à côte sur la galerie de presse du Centre Bell, à l’occasion d’un match qui opposait le Canadien aux Panthers de la Floride.
La carrière des deux anciens porte- couleurs des Huskies de Rouyn-Noranda battait de l’aile, et les deux jeunes hommes étaient nostalgiques en regardant la rencontre mettant aux prises leurs formations respectives.
« On s’était dit que ce serait plaisant de se retrouver dans la même équipe», relate Ribeiro.
« Ça fait drôle de voir qu’un an plus tard, on est réunis à Montréal, on joue ensemble et on a du plaisir. »
Ironiquement, le sort a voulu ces derniers jours que Donald Audette, qui a perdu son poste au profit de Dagenais chez le Tricolore, prenne le chemin de la Floride pour y poursuivre sa carrière.
Avec les Panthers, Audette rejoue sous les ordres de Rick Dudley, qui fut son premier entraîneur dans la Ligue nationale avec les Sabres de Buffalo.
Dudley a repris du service derrière le banc durant la première moitié de saison après avoir limogé Mike Keenan, qui n’a pas été étranger à la décision des Panthers de se départir de Dagenais l’été dernier.
Promenade dans le désert
Comme bien d’autres joueurs avant lui, Dagenais ne conserve pas un bon souvenir de Keenan, et maintenant qu’il semble vouloir s’établir avec le Canadien, il ne se gêne pas pour se vider le cœur.
« Keenan ne m’a jamais donné ma chance et je lui ai déjà dit en pleine face », dit-il.
Keenan dirigeait les Panthers depuis peu de temps lorsque ces derniers ont surpris les Devils du New Jersey en réclamant Dagenais au ballottage, le 12 janvier 2002.
« À un moment donné, j’ai connu une séquence de cinq buts en six matchs, mais Keenan ne m’a jamais regardé, ni jamais témoigné la confiance que le Canadien m’accorde», continue Dagenais.
« Aujourd’hui, j’espère qu’il regarde les faits saillants des matchs de la Ligue nationale à la télévision. »
Il a tenu parole
Si c’est le cas et que Keenan tient la comptabilité, il constatera que Dagenais a marqué cinq buts à ses six dernières rencontres pour un total de 10 en 24 matchs depuis son rappel de Hamilton, à la fin de novembre.
Jusqu’à maintenant, il a respecté la promesse qu’il avait faite quand il avait été assigné aux Bulldogs durant le camp d’entraînement de septembre dernier.
Ce jour-là, il avait prédit qu’il marquerait 15 buts en 20 matchs et qu’on le reverrait à Montréal. Il est venu bien près de réaliser sa prédiction en comptant 12 fois en 20 rencontres, lui qui formait un trio avec Benoît Gratton et Josef Balej.
« J’ai toujours eu confiance en mes moyens», rétorque-t-il lorsqu’on lui rappelle sa déclaration.
« Je me suis toujours cru capable de marquer des buts dans la Ligue nationale. »
Quel tir !
En jouant au côté de son ami Ribeiro et de Richard Zednik, qu’il ne faut pas oublier, Dagenais est en train d’en faire la preuve de façon irréfutable.
« Mon travail consiste à lui remettre la rondelle», explique simplement Ribeiro.
« Il laisse partir son tir avec tellement de rapidité. » Dagenais sait bien se placer et il a l’œil pour le filet.
Il a bien raison de dire que Luc Robitaille et Dave Andreychuk n’ont pas fait leur nom dans la Ligue nationale avec leur coup de patin.
« C’est ma dernière chance et je veux en profiter »
Si Pierre Dagenais avait promis de travailler fort à Hamilton en quittant Montréal en septembre dernier, il reste qu’il n’a pas fait fureur à son arrivée avec l’équipe-école du Canadien.
Il a même fallu que l’entraîneur Doug Jarvis prenne les grands moyens pour le ramener à l’ordre.
Un soir, l’ancien joueur de centre de Bob Gainey a laissé Dagenais de côté pour un match en lui disant qu’il devait aller au filet s’il voulait marquer des buts.
« Jarvis m’a beaucoup aidé, enchaîne Dagenais. Je l’avoue bien honnêtement, j’ai changé mes habitudes de travail depuis que je suis avec l’organisation du Canadien. »
C’était sa principale lacune, outre le fait qu’il n’est pas un patineur élégant. Il n’avait pas toujours le cœur à l’ouvrage.
« Je n’ai jamais été aussi sérieux», reprend-il.
« À 22 ans, je n’étais pas prêt pour la Ligue nationale », ajoute-t-il en parlant de ses débuts avec les Devils du New Jersey, qui l’avaient repêché au 105e rang en 1998.
Gainey et Savard paraissent bien
Dagenais sait qu’à quelques mois de son 26e anniversaire de naissance, il ne peut plus se permettre le moindre relâchement.
« Je ne pense qu’à ma carrière et je fournis les efforts nécessaires pour réussir », continue-t-il.
« Je sais que c’est ma dernière chance et je veux en profiter. »
Au prix que Dagenais a coûté au Tricolore, Bob Gainey et André Savard, car celui-ci a probablement eu son mot à dire dans son embauche comme joueur autonome, passeront pour des génies si le gros ailier de Blainville arrive à ses fins.
Marc de Foy - Journal de Montréal |
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